Impression générale pas mauvaise, au vu du bilan final.
Odeurs :
Il n’y a pas d’odeurs dans cette usine à aucun endroit, sauf à l’arrivée des déchets bruts. Ceux-ci arrivent dans un hangar couvert, mais ouvert en permanence d’un côté pour l’arrivée des camions et le travail du chargeur.
Les camions versent les déchets directement sur le sol bétonné (il n’y a pas de fosse) et regroupés par un chargeur.
Les déchets sont transportés par un grappin directement dans la trémie de la presse.
La presse dispose de deux sorties principales : déchets matière sèches et pulpe.
Ceux matière sèche sortent en galettes, lesquelles sont déstructurées ensuite pour être versées en vrac dans les bennes des camions qui les transportent à un incinérateur situé sur un autre site.
Il est possible de rendre ces matières sèches homogènes et d’en former des balles enveloppées de plastique dans un but de stockage pyramidal.
Bilan énergétique (énergie nécessaire pour faire fonctionner la presse / énergie produite par méthanisation) :
pour 90.000 tonnes par an de déchets traités l’usine consomme 8 Millions de KW/h par an, tout compris.
Production électricité : 13 millions de KW/h à l’année.
Excédent : 5 millions de KW/h revendus à l'EDF allemand
Cependant il y a trois éoliennes sur le site qui contribuent aussi à cette production d’électricité, en plus des générateurs en sortie de méthanisation.
Et environ 1.000 m2 de panneaux voltaïques sur un hangar abritant les déchets bois, servant à aérer la pulpe à l’intérieur du méthaniseur.
Bilan financier (coût total de l'installation, prix de traitement à la tonne) :
Coût de l’installation 3 millions €
Traitement et entretien 10 à 12 € la tonne
Grille d’extrusion : 16mm.
Changement de la grille d’extrusion tous les 1.500 à 2.000 heures, cad tous les 8 à 12 mois.
Performance technique :
Presse extrêmement puissante, 1.000 bars de pression ce qui est très important, énorme même. Ils ont une salle confinée pour abriter les compresseurs.
Deux sorties de la presse :
Sur un volume en m3 (V3) donné de déchets, on obtient 40% de pulpe et 60% de matières sèches.
Si l'on prend 100% de matière organique dans le déchet brut, combien en reste-t-il après extrusion?
Réponse : presque rien. A l’observation, il faut vraiment les chercher.
Quelle est la capacité de traitement de la presse (tonnes/jour).
30 à 40 tonnes/h, mais ils préfèrent fonctionner à 28t/h afin de ne pas trop solliciter le matériel.


Pulpe pour méthanisation :
En voie pâteuse, en sortie de machine extrudée, elle contient 43% de matière sèche
En conséquence elle est humidifiée pour répondre aux critères de méthanisation qui suit.
En voie humide, elle contient 12,5 % de matières sèches.
Documentation :
Pas de plaquette comparative avec le traitement mécano biologique. Ils ont cette étude et peuvent nous la passer.
Plaquette sur le descriptif de l’usine en cours.
Tri en amont :
L’usine que nous avons visitée n’en dispose pas, les sacs en plastique entiers sont mis dans la presse. Il y a un simple tri visuel, grossier (bouteilles entières, siège bébé sortis devant nous). Possibilité d’installer un dé-ferraillage par overband et séparation matières lourdes et légères par flottaison.
Emprise au sol :
Presse : plus ou moins 250 m2 + séparation et stockage (automatique) en conteneurs des matières sèches en vue de leur incinération sur un autre site.
(Pour la zone 4 de la Gironde , Pays BAVDE, ils proposent de l’emballer et de stocker en surface en pyramide.)
+ zone de récupération et de traitement de la pulpe + méthaniseur+ grande zone de traitement du compost.
Griblé (tamisé en tamis tambour) en phase finale avec une maille de 10 mm , ce qui permet de récupérer la majorité des 8 % des déchets non compostables (essentiellement des débris plastiques de 4cm environ de côté).
Que font-ils du compost ?
On ne sait pas bien. Villers Service vient d’embaucher un ingénieur agronome qui raisonne dans l’agriculture industrielle, intensive : oligo éléments, azote, etc... Ils sont bien conscients qu’il y a besoin de ce genre d’apport pour restructurer les sols. Leur compost a une norme, mais nous ne l'avons pas bien repérée.
Et les piles ?
Des piles compressées ne dégorgent-elles pas de l'acide ?
Réponse du technicien sur place : En principe il n’y en a pas, du fait du le tri en amont par les usagers. S’il y en a elles restent dans la galette, c’est-à-dire dans les déchets matière sèches. Ils peuvent éventuellement faire un pré-tri du plastique et des piles dans la pulpe, par flottage.
Le méthaniseur a un système de récupération d’eau.
Compost : le jus qui provient du compostage coule sur le sol cimenté. Il n’est pas récupéré, il s’évapore. Il n’a pas d’odeurs.
Nos soucis sur ce procédé :
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- utilisation du compost ? Semble impossible en agriculture, hors normes et doutes sur résidus chimiques (piles, phyto sanitaires...). En horticulture ?
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- Tri mécanique en amont absent. Un PTMB associé serait utile pour cela.
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- Risque de contrarier les politiques de réduction des déchets et valorisation. Comment une installation comme celle-ci pourrait-elle ne pas empêcher, ne pas contrarier les politiques de réduction en amont définies par les Plans déchets et le Grenelle ? Et la valorisation, le recyclage? Quelles clauses à mettre dans le contrat pour éviter cette fuite en avant vers la production de déchets ?
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- En cas de panne du piston de la presse, que faire ? (il n'y en a qu'un) On vient tous pousser les déchets ? avec les élus, les industriels, les commerçants les publicitaires et les nouveaux riches devant... ?
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Notre opinion : Ce qui me dérange c'est le manque de tri en amont. Tous les matériaux ferreux d'abord... Le tri grossier ne suffit pas. Il faut déjà un bon tri de tout ce qui peut être recyclable avant .. En ce qui concerne les piles, il est impossible qu'il n'y en ait pas car si de nombreux usagers les trient, ceux qui mettent leurs piles dans leurs poubelles sont beaucoup plus nombreux et qu'en est-il des composants d'ordinateurs et autres..comme les restes de produits de nettoyage ménager, de peintures.. on ne peut complètement se fier au tri des usagers. Donc le compost obtenu ne peut pas être utiliser en agriculture. Le but est de diminuer les déchets à la source et non pas de tout broyer sans un tri efficace.
D'ou la nécessité d'un tri mécanique en amont, et éventuellement du pré-tri par flottage.
Quant au piston s'il n'y en qu'à un... c'est aléatoire.
Mais le résultat de cette visite est intéressant et avec quelques améliorations on pourrait obtenir de meilleurs résultats.