Attendre d'en savoir assez pour agir... c'est se condamner à l'inaction... Jean Rostand
Sud-Ouest Charente 16 avril
LA COURONNE. --L'association du Mas dénonce les risques de l'incinérateur de déchets pour la santé et réclame sa fermeture
Une association réclame l'arrêt de l'incinérateur
L'association du Mas, petit lieu-dit situé à proximité de l'incinérateur de déchets de La Couronne, monte à nouveau au créneau après avoir appris que la Communauté d'agglomération du grand Angoulême envisageait d'investir dans cet équipement dix millions d'euros, pour en récupérer l'énergie. « Si cette décision est prise dans les prochaines semaines, elle signifiera que nous serons exposés pour au moins 15 ans supplémentaires aux rejets toxiques », prévient cette association de défense de la qualité de l'environnement, dans un tract tiré à 1 500 exemplaires et distribué depuis hier à La Couronne et à Saint-Michel.
Créée il y a une vingtaine d'années, cette association de riverains, qui compte une cinquantaine de membres, réclame la fermeture de l'incinérateur et envisage des actions plus voyantes dans les jours qui viennent. S'appuyant sur un article du quotidien national « Le Parisien », qui indique dans son édition du 7 avril que « les populations ayant vécu dans les années 80 près d'incinérateurs d'ordures ménagères ont bien plus de risques d'avoir un cancer que la moyenne des Français », le secrétaire de l'association, Jean-Pierre Bellefaye, est inquiet.
Rappel d'une pétition. « Je rappelle qu'il y a de cela plusieurs mois, 130 médecins du grand Angoulême avaient signé une pétition pour l'arrêt de l'incinération », se plaît-il à rafraîchir les mémoires. « Les dangers sur notre santé sont bien réels et ne relèvent pas de fantasmes de militants. « Mon médecin m'a récemment confié qu'il y avait dans sa clientèle des cas de cancers du système lymphatique apparus chez des personnes vivant à côté de cet incinérateur. »
Pour lui, les dernières élections ont confirmé le refus de cet équipement : « Trois listes étaient présentes aux municipales. Deux demandaient son arrêt quand la troisième, celle de la municipalité sortante, était un peu plus ambiguë sur la question. Cette dernière, menée par Bernard Sauzé, a été battue, ainsi que le Conseiller général Vert, Patrick Fontanaud, aux cantonales. En partie en raison de leur laisser-faire dans ce domaine. On peut constater que deux Couronnais sur trois ont donc voté pour des listes qui défendaient notre position. Ce choix démocratique doit être respecté. »


Fumée incinérateur aux normes, ici celui de Marignier 74970

Un tel exemple montre, si besoin est, que de trop nombreux décideurs politiques se contrefoutent encore des objectifs du grenelle de l’environnement, à croire que pour eux, la préservation de l’avenir de la planète se limite à la pérennisation de versement de leurs légitimes indemnités de fonction.
- A l’heure où l’INVS vient de sortir son rapport sur la toxicité des incinérateurs…
- A l’heure où l’on sait que sur les 2000 substances substances rejetées par les incinérateurs, seules 50 sont identifiées et font l’objet de tentatives de filtration…
- A l’heure où ces mêmes incinérateurs sont affectés de normes technologiques et non pas sanitaires….
- A l’heure où la mise en œuvre d’une directive draconienne sur les mâchefers est dans les tuyaux….
- A l’heure où se profile la mise aux normes relatives aux PCB…
- A l’heure où les médecins se mobilisent…
- A l’heure où le Président de la république demande la mise en place de mesures incitatives à la valorisation matière des produits, et à leur priorisation…
- A l’heure où les recycleurs Français de plastiques (Testa Aubagne) envisagent sérieusement la délocalisation vers l’Allemagne pour cause d’absence de gisements de plastiques français, aujourd’hui dédiés à l’incinération.
- A l’heure enfin où tous les grands acteurs économiques privés s’accordent à reconnaître que la masse des Produits Résiduels Ménagers diminue de 2% l’an…
Faut-il que l’incinération soit une sacrée poule aux œufs d’or pour certains !
Ces œufs étant bien évidemment payés par des « fiscalisés captifs » dont le pouvoir d’achat est en berne.
Aujourd’hui, s’en est fini de la variable d’ajustement de la fiscalité locale. Les contribuables n’en peuvent plus !
Bien sûr, il sera toujours plus simple politiquement, de tout ramasser pêle-mêle, de balancer le tout dans un four, quitte à justifier cette paresse intellectuelle et politique, par l’hypothétique valorisation énergétique dont le premier mérite est d’assurer l’augmentation des synthèses de dioxines et des cancers.
Nos concitoyens ne sont pas des bœufs, ils sont sensibles aux enjeux environnementaux, ils ne demandent qu’à s’impliquer à leur modeste échelle si les moyens leurs sont donnés et si leurs élus condescendent à venir communiquer . Encore faut-il que certains retrouvent l’échelle pour redescendre de leurs tours d’ivoire fondée dans les certitudes erronées d’un siècle passé calé sur les perspectives absurdes de ressources planétaires illimitées..
Ah oui ! Les 15000 habitants de la CCPorte d’Alsace, viennent de passer sous la barre des 95 kh/hbt/an de produits résiduels ménagers ultimes en 2007. Hélas, le Président de la CCPA vient d’apprendre que le coût de la tonne incinérée va progresser de 32% à l’incinérateur de Bourogne pour cause d’insuffisance de gisement générée par les comportements individuels écologiques, incompatibles avec la bonne marche d’un incinérateur.
Nul doute que nous allons poursuivre les efforts individuels, en achetant autrement, en laissant les suremballages au supermarché comme DIB, en compostant mieux encore, en triant mieux, en refusant la « pub », et tout faire pour abréger les souffrances et l’agonie des incinérateurs malnutris.
Avec mes plus vifs soutiens à l’association du Mas et à tous les éco-citoyens .
Dany DIETMANN
Vice Président Développement Durable
De la CC Porte d’Alsace.
Maire de Manspach.
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